Purée, je n'ai rien écrit écrit depuis des semaines, ça craint... Pour quelqu'un qui avait des tonnes de choses à raconter c'est mal barré. Enfin... J'ai quand même écrit beaucoup de choses, mais
rien de publiable, simplement parce que tout ce que j'ai pu écrire sur papier me semblait un immonde maelström indigeste, une soupe infâme, terriblement inintéressante et fade. Il faudrait que je
me résolve à ne pas me prendre la tête avec ça, que je me convainque que ce que j'écris n'est pas si mauvais que ça, sinon, je ne me lancerai jamais.
J'ai dans mes tiroirs, des histoires intéressantes sur des trottoirs trop étroits, sur un gars qui accumule, sur un livre qui m'a vraiment énervé, sur un fascicule préventif que l'on m'a donné au
travail, sur la confiture de mûres, mais je ne parviens pas les mettre en forme. Alors je me suis posé une question : " j'arrête ?" (ai-je vraiment jamais commencé ? ). Et je suis allé me
balader sur des blogs. Plein de blogs, des tonnes ! De tout style, de toutes les formes. Je voyageais de liens en liens, certaines fois en lisant attentivement, d'autres en survolant à peine. J'y
ai vu de tout, vraiment de tout. Du pathos, du cul, des journaux intimes, des Goths, des mecs qui font du tuning, des auteurs de nouvelles, des bricoleurs, des collectionneurs en tout genre ( ça
fiche vraiment les jetons ça). Et de la-haut, perché sur mon petit nuage, je me suis vu moi. Perdu dans cet immense tourbillon d'information, prisonnier de cette gigantesque toile, sans rien lui
avoir apporté, alors que j'estime avoir ma petite place dans tout ce foutoir. Là, le vide, un gouffre s'ouvre sous mes pieds. Paré des plus nobles intentions il y a quelques semaines, je me rends
compte que j'ai rien foutu ! Pourquoi ? Comment est-ce que je peux l'expliquer ?
Je crois avoir trouvé une réponse en fait à ce problème. Je souffre d'un syndrome qui me poursuit depuis longtemps. J'ai peur de la comparaison, du jugement. Et ce dans tout ce que je fais, je
dis bien dans tout. Tenez, par exemple, je fais de la musique depuis longtemps. Bon... Il y a des tonnes (des kilos plutôt) de titres ou de morceaux que j'ai écrit que personne n'a écoutés, pour
la seule raison que j'ai la trouille que ça ne plaise pas. Et je n'arrive pas à m'en foutre. Je pourrais me dire : " l'essentiel, c'est que ça te plaise à toi, l'avis des autres tu te le tailles
en pointe", mais non, je suis entièrement dépendant de ce putain d'avis des autres. J'ai besoin que ce tout ce que je fasse plaise, et je déteste ça. En fait c'est un égoïsme inversé. Et plus j'y
pense, plus je réalise que c'est applicable à la somme de tout ce que j'ai pu faire jusqu'à présent. Je ne parviens pas à ne penser qu'à ma gueule. Certains pourraient croire que c'est une
qualité. Voilà le genre de conneries qu'on pourrait me dire à ce sujet : " mais écoutes, c'est bien de penser aux autres, l'ouverture, écouter c'est important..." et blah blah blah... j'ai
l'impression d'être dans les pompes du Dr Sachs (excellent roman cependant de Martin Winckler, mangez-en). Bon, je grossis le trait, j'exagère un peu, c'est de l'écriture après tout, et j'aime
bien faire une caricature de moi-même, mais c'est vrai que c'est tout de même un peu ce que je ressens. Alors voilà, je vais tenter de franchir ce cap, de grandir un peu et d'essayer de faire ce
que je veux. Je vais m'exposer,et purée... rien que d'y penser ça me colle une frousse d'enfer, mais sinon, je sais pertinemment que je ne ferai jamais rien ( je me connais, hein ? ). C'est
d'ailleurs un signe, le fait que je n'ai jamais filé le lien de ce blog à qui que ce soit ( 2 personnes en tout et pour tout, super ! ).
Donc, voilà, c'est reparti ( ou plutôt, c'est parti devrais-je dire ). Nouvel article ce soir sur un livre que je lis, et qui franchement, m'a sérieusement mis en pétard !!! Oh, nom d'une pipe en
bois, je suis chaud là !
Mr Wem.
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